rencontre femme

Le conflit : la face sombre de l’amour.

Les femmes ne comprennent pas les poussées bipolaires que subissent les hommes par rapport aux deux extrémités de l’échelle d’intimité, car cela leur est tellement étranger et si différent de leur propre expérience ! Les femmes n’oscillent pas ainsi ; en règle générale, elles préfèrent une position de lien stable et plus proche de l’Attachement. Malheureusement, la zone de lien la plus rassurante pour les femmes est aussi celle qui donne aux hommes l’impression d’étouffer et d’être pris au piège ! Cet écart est au cœur même des conflits et des dilemmes que vivent hommes et femmes. Affinité et Polarité font croire que le conflit est inévitable. Or, non seulement la tension est naturelle et prévisible, mais en outre elle constitue le fondement même de l’intérêt et de l’attraction des sexes l’un pour l’autre. Il est fondamental de comprendre que ces différences ne disparaissent jamais ; elles sont là tout au long d’une expérience commune avec un partenaire. Nous pouvons penser à tort que ces différences existent seulement pendant les premiers stades de l’amour et qu’avec suffisamment de soin, de confiance et grâce au temps nous pourrons finalement ne faire qu’un avec la personne que nous aimons, que nous ne connaîtrons plus de conflits. Nous nous attendons, avec naïveté, à ce que l’amour, d’un coup de baguette magique, transforme radicalement les lois de la psychologie. Il n’en est rien. Cet affrontement entre hommes et femmes qui nous questionnent est toujours présent. Les hommes continuent à se promener entre le désir d’autonomie et le désir d’intimité. Les femmes continuent à chercher des preuves d’intimité. Mais il est possible de comprendre ces différences et d’apprendre à vivre avec elles. Notre intention est de rendre clair ce qui semble mystérieux dans les schémas masculins d’attraction et d’engagement et de décrire ce qui se passe dans le cœur et l’esprit des hommes lorsqu’ils sont engagés dans un rapport affectif avec une femme. La première étape sur la route de la découverte sera de comprendre que l’amour n’est pas le fait du hasard, qu’il s’apprend et que son tracé peut être modifié.

COMMENT L’AMOUR S’APPREND

Être un bon partenaire n’est ni inné ni intuitif. Notre comportement et nos espoirs dans le cadre de relations affectives sont, dans une large mesure, modelés par toutes nos expériences, en tant qu’enfant ou comme adulte. Nous observons nos parents et, la plupart du temps, nous les imitons, quelle que soit notre envie, parfois très forte, d’être différents d’eux. La manière dont nos parents se comportent l’un à l’égard de l’autre nous enseigne ce que nous pouvons attendre de notre propre vie et quelle attitude adopter en ce qui concerne l’intérêt porté à autrui, l’affection, le respect et l’intimité. En tant qu’adolescents, nous investissons certaines de ces notions touchant à ce qu’est l’amour dans les premières relations affectives que nous établissons au-delà de la simple amitié. Nous éprouvons parfois un choc réel lorsque nous découvrons que d’autres abordent l’amour fort différemment de nous. Le plus difficile alors consiste à définir ce que nous ressentons par rapport à nous-mêmes, ce que nous valons, notre pouvoir d’attraction. Pour beaucoup d’entre nous, c’est aussi la période pendant laquelle la honte, l’embarras et la déception que nous pouvons connaître nous amènent à nous construire une armure pour ne pas souffrir. Certains se sentent traumatisés par les humiliations qu’ils ont connues comme adolescents et qui ont laissé en eux une marque indélébile. Nos attitudes face à la rencontre et à l’amour sont le résultat de nos expériences pendant l’adolescence. L’estime de soi est constituée par ce vécu formateur. La plupart des dilemmes auxquels nous sommes confrontés en tant qu’adultes proviennent des blessures portées à notre confiance en nous-mêmes au cours de nos jeunes années. Le point à souligner ici n’est pas que nos vies sont déterminées à un très jeune âge. En fait, c’est le contraire. La plupart de nos schémas d’échec en matière d’amour peuvent être transformés de façon totalement positive.

INFLUER SUR L’ORIENTATION DE L’AMOUR

Nous sommes les propres créateurs des drames que nous vivons. Mis à part les expériences de notre jeune âge, nous sommes responsables de la forme, de l’orientation que prennent nos relations affectives et de leur qualité. Nous n’avons pas à être les victimes de notre vécu ; nous en sommes les écrivains, les metteurs en scène et les chefs d’orchestre. Ceux qui vivent des relations affectives heureuses tirent un enseignement du passé mais ne laissent pas leur passé les tyranniser. Personne n’échappe à la douleur crucifiant et à la déception qu’engendrent les chocs affectifs. Le contenu et le scénario des vies humaines diffèrent, mais un fait demeure : tout le monde est blessé par quelqu’un à un moment donné de son existence. On ne peut pas l’éviter, mais on peut réduire les probabilités d’être atteint à nouveau et de la même façon ; mais cela nécessite un apprentissage. Ce qui paralyse une relation affective et finit par l’entraîner vers la destruction tient à un facteur simple : les deux personnes impliquées dans cette relation continuent à agir sur le même mode encore et encore. Elles espèrent que les choses changeront, mais elles s’obstinent à se comporter suivant les mêmes schémas, parce qu’elles croient devoir modifier le comportement de leur partenaire et non le leur. Ce qui n’est pas juste : chacun a ce pouvoir car, lorsqu’une personne engagée dans une relation change, l’autre personne se doit de changer de partenaire est obligé de répondre d’une façon nouvelle. L’impact sur une relation affective (créer l’attirance et influer sur l’évolution de l’amour) commence dès la première rencontre sérieuse entre un homme et une femme. Les graines pour le développement de schémas positifs ou négatifs sont plantées au tout début. Nos peurs, nos exigences et nos espoirs sont là comme secrètement planifiés dès le premier « bonjour ». Lorsqu’un homme et une femme se rencontrent, que se passe-t-il à cet instant qui crée 1’ « alchimie », dépasse l’attirance physique, dépasse le sentiment superficiel exprimé dans le « il est intéressant, mais… » ou dans « c’est agréable d’être avec elle, mais… »? Quel est le comportement, quels sont les clés ou les signaux qui déclenchent cet espoir ou cette certitude, beaucoup plus profonds, qu’il s’agit bien là de la personne avec laquelle nous pourrons établir un lien émotionnel enrichissant, fort et durable ? Très vite, nombre d’entre nous forment ces jugements importants et détectent les limites d’une relation affective. Pourquoi, après un seul rendez-vous, nous sentons-nous pleins d’espoir et euphoriques, ou à l’inverse rejetés et inquiets? Ce qu’une femme communique dans ces moments initiaux, ou pendant ces premières heures, détermine très fréquemment l’évolution, la nature et la force de la réponse de l’homme. Les célibataires craignent souvent que les relations affectives n’impliquent des exigences insurmontables, que l’amour ne soit difficile à rencontrer et l’engagement encore plus difficile à garantir. Les gens mariés entretiennent souvent la croyance secrète que les schémas qu’ils ont construits sont si enracinés qu’ils n’osent espérer, s’ils sont réalistes, les modifier. L’effort nécessaire pour faire progresser une relation ou pour la ramener dans le droit chemin paraît si gigantesque, presque ! Pourtant, la compréhension et les attitudes nécessaires à la modification d’une relation affective peuvent s’apprendre et ne sont pas aussi difficiles qu’on le pense. Le changement semble effrayant à tout le monde. Mais il constitue aussi une aventure — une aventure susceptible de nous faire progresser et de nous rendre plus forts, de nous faire faire l’expérience de nouvelles manières d’être. Nous sommes trop souvent pessimistes quant à notre capacité de briser nos comportements d’échec. Ou bien nous croyons secrètement que nous ne pouvons nous transformer — nous ne serions plus nous-mêmes —, ou nous insistons sur la volonté de ne pas changer, en déclarant : « Me voici, je suis ce que je suis, acceptez-moi ou laissez-moi. » Quand nous agissons avec une telle rigidité ou une telle peur, nous sommes perdants à tout coup.