L'ex-Premier ministre, jusqu'ici réservé, admet que l'organisation de primaires pour désigner le candidat de la gauche à la présidentielle est «devenue inévitable». La première secrétaire du PS est au pied du mur.
Laurent Fabius et Martine Aubry en déplacement à Cléon, le 13 octobre 2008. (Marc Chaumeil/Libération)
La direction du PS finira-t-elle par flancher sur les primaires ? Martine Aubry n’a pas, jusqu’à présent, affiché un enthousiasme débordant. Sous pression depuis la retentissante sortie d’Arnaud Montebourg, mercredi dernier, qui avait menacé de quitter le PS, et alors que la liste des soutiens à sa proposition s’allonge, la première secrétaire du PS doit se prononcer sur la question, le week-end prochain, à l’université du parti à La Rochelle.
Confortant l’impression d’Arnaud Montebourg, réjoui dimanche de voir qu’un «consensus» se dessinait, l’idée de tenir des primaires pour désigner le candidat à la présidentielle a d’ores-et-déjà bénéficié, ce lundi, d’un appui de poids... et inattendu. Laurent Fabius, qui s’était montré réticent, a reconnu que cette voie était «devenue inévitable» pour 2012. «Il est devenu inévitable que ce ne soient pas simplement les militants socialistes mais un ensemble beaucoup plus vaste, disons des gens de gauche, qui votent pour le prochain candidat», a développé l’ex-Premier ministre sur Europe 1, tout en prévenant que ce dispositif allait provoquer «beaucoup, beaucoup de changement dans la vie politique».
Après ce dernier ralliement, les regards se tournent vers Martine Aubry qui semblait freiner des quatre fers avant l’été, évoquant la possibilité de trancher après les régionales de 2010. Elle «a déjà exprimé des positions plutôt favorables à cette idée-là puisque c’est elle qui a commandé à Arnaud Montebourg un rapport», a répliqué sur France 2 le porte-parole du PS, Benoît Hamon, lui-même invité du député de Saône-et-Loire, chantre de la rénovation, ce dimanche, à sa Fête de la rose de Frangy-en-Bresse. La dirigeante socialiste «dira à la Rochelle», a-t-il annoncé, si elle compte lancer ce processus.
Histoire de s’assurer que le débat ne sera pas esquivé à l’université d’été, Montebourg et Olivier Ferrand, président de la fondation Terra Nova, qui avaient déjà co-signé le rapport remis à Aubry en juin, publient cette semaine l’ouvrage «Primaires: comment sauver la gauche» (éd. Seuil). Et ce dernier doit lancer un «appel citoyen», mercredi.
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